La divination virtuelle

Les Sénoufo consultent couramment leurs devins pour se faire expliquer et pour résoudre leurs problèmes quotidiens ou exceptionnels. Ce sont les génies du devin matérialisés par des statues qui guident les mouvements de ses bras et qui déterminent la chute de ses icônes qui représentent autant d’aspects visibles ou invisibles de la vie du consultant. Dans l’espace rituel de la maisonnette divinatoire ces objets prennent vie sous l’effet de l’intense interaction corporelle et mentale entre le consultant et le devin.
Andras Zempleni
Au coeur du parcours consacré à l’Afrique, le musée du quai Branly possède un lieu réservé à une expression culturelle singulière : le rituel de divination Senoufo. Il a été possible, à travers cette installation, d’exposer l’espace corporel créé par le devin, sa statuette et le consultant, le lien corps-objet, les caractéristiques de la technique divinatoire sans recourir au texte. Cette installation permet au visiteur de faire l’expérience d’une séance et des objets qui la structurent.
La scénographie proposée au visiteur permet de faire l’expérience de l’appréhension corporelle de l’espace rituel par l’introduction du visiteur dans un espace confiné. Une boite muséographique a été transformée pour les besoins de l’installation. C’est d’abord l’effet de compression que l’exiguïté d’un espace clos exerce sur la personne à son insu qui favorise le sentiment d’inclusion de son corps dans l’installation.
A l’intérieur de la niche divinatoire, le visiteur écoute une bande-son polyphonique, réalisé à partir plusieurs dizaines de séances enregistrées dans la région de Sinématiali, au Nord de la Côte d’Ivoire, par Andras Zempleni. Une projection à l’échelle réelle, discontinue, sur trois cotés de la boite, permet une traduction ponctuelle de la séance à l’aide de photographies et de séquences vidéo synchrones.
La divination virtuelle (Extrait)
Crédits : AZ, MG, LN, RC, JPP, musée du quai Branly
Fiche technique
Conception et matériaux ethnographiques : Andras Zempleni
Scénographie muséographique : Reza Azard
Réalisation et scénographie visuelle : Martin Gautron, Luis Nieto
Création et scénographie sonore : Roland Cahen, Jean-Philippe Lambert
Matériel audiovisuel : ETC
Budget : 67 K€
