Formaté
Lorsque j’ai rencontré Philippe Bertrand en 2000, il avait déjà une grande carrière d’illustrateur, designer, décorateur, directeur artistique. Après plusieurs tentatives de réalisation de série de dessins animées, il lui était venu à l’idée de réaliser un jeu en ligne pour les enfants, à partir d’un univers complètement loufoque, sorte de métaphore drôle de la World Company et des fondus d’informatique (le personnage central s’appelle Mr Giks, l’univers s’appelle l’Empire des Grands Circuits, le reste à l’avenant). Il s’est rapproché de Montparnasse multimédia, et nous avons commencé à travailler ensemble sur son projet.
Le travail de pionnier sur le jeu Bugmonsters a constitué un des meilleurs moment de ma vie professionnelle. Grâce à la liberté managériale et créative qui régnait alors dans les studios de Montparnasse (merci Pierre, merci Carolina). Grâce à l’incroyable énergie positive qui sortait de l’équipe totalement hors circuit (merci Vincent, Julien, Nico, Daniel, Benoit). Mais surtout, grâce au talent et à la gentillesse du génial créateur du monde fou des Bugmonsters, dans lequel nous avons évolué pendant deux ans et demi, nous avons atteint une sorte modèle d’organisation de projet adolescente. En pleine bulle internet, nous fabriquions le premier jeu vidéo communautaire, les moteurs d’animation, sans aucune licence connue, en totale innocence.
Grâce à Philippe j’ai découvert que le talent d’un vrai artiste n’avait pas de limite. Je l’ai vu travailler sur le scénario, le game design, le dessin bien sûr, la programmation, la réalisation, l’animation, le marketing… Partout, il y insérait son exigence et son humour tendre. Comme un artisan, avec ses feuilles aquarellées qu’il nous amenait le matin, nous ne lâchions rien sur l’essentiel : faire rêver les enfants. Ironie du sort, Montparnasse a déposé le bilan en 2002, aspiré par les difficultés financières.
Comme les vrais bosseurs, il était infiniment attentif à ses proches et ses amis. Nous avons eu de la chance.
Merci Philippe.
L’expérience de la durée
A chaque étape de la conception d’une exposition, un effort considérable doit être mené pour permettre au visiteur de percevoir immédiatement quels sont les principes d’organisation qui structurent le contenu exposé et de lui permettre de choisir son degré d’immersion. On rajoute bien évidemment le paramètre du design des interfaces et celui de la qualité des dispositifs. Mais il faut avant tout favoriser la liberté du visiteur. C’est un élément indispensable au plaisir de la découverte d’une exposition et un enjeu bien trop souvent mis de coté par les starchitectes et scénographes à la mode, qui tentent de « faire oeuvre » dans la création d’une exposition. La médiation multimédia joue le rôle d’exposition et de transmission du savoir, pour permettre a chacun d’y puiser une délectation culturelle. Mais elle ne cherche pas nécessairement à réinventer à tout prix le système d’information du musée. Le terme anglais qui convient le mieux à cette ambition – et qui n’a pas réellement d’équivalent en Français – est l’empowerment.
Il me semble alors que la conception rigoureuse de la grille des contenus est le plus efficace pour respecter la lisibilité du discours, pour dimensionner correctement les moyens de production, et pour favoriser l’attractivité des programmes. La durée des audiovisuels, préoccupation constante des concepteurs, n’est pas forcément la pierre philosophale d’une bonne scénographie multimédia. La question qu’il faudrait se poser est « Quelle est la durée minimale pendant laquelle le visiteur doit être attentif ? ». Répondre à la question n’est pas chose facile, et il n’est pas toujours souhaitable de faire un choix. Un programme de 15 minutes peut être conçu pour être regardé que quelques secondes par certains publics et plusieurs minutes par d’autres.
Dans le contexte d’une visite libre, la durée de consultation dépends de trois facteur au moins :
- l’indice de lisibilité : la complexité et la sophistication du contenu, niveau de qualité de la production
- le niveau d’interactivité : le degré de liberté offert à l’utilisateur dans la manipulation de la narration du programme
- la position ergonomique : taille de l’écran, le confort de visualisation – en particulier l’assise
Modernité
Ai revu ce week-end « La Vie moderne » de Depardon en DVD. J’avais envie de replonger dans ce documentaire minimal et crépusculaire sur la condition des agriculteurs. Il se dégage de ce film une grande sérénité et un sentiment de familiarité unique avec ces gens. Je voulais aussi prendre le temps d’examiner le visage de Raymond Privat, longuement filmé. Il ressemble tellement à mon grand-père.
Solidarité
Ce que je retiens des recentes éléctions régionales : les concepts politiques séduisants ne sont plus uniquement à droite (la gauche solidaire, la coopérative écologique, le vote obligatoire sont enfin des trouvailles de l’opposition, à concretiser) et la région Réunion a changé de majorité. Du coup, la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise ne verra peut-etre jamais le jour. C’est triste.
A noter qu’en 2014, avec la proposition du nouveau mode de scrutin uninominal à un tour, l’UMP remporterai 22 régions. Un hold-up démocratique en prévision ?
Ludwig
Ludwig est un court-métrage d’animation de deux minutes chrono, réalisé en prise de vue image par image, imaginé par reciproque et réalisé par Vincent Escrive pour la communication interactive de la Philharmonie de Paris.
Le film a été en partie tourné dans la maquette acoustique, une reproduction au 1/10e de la grande salle de concert de la future Philharmonie de Paris.
D’autres séquences ont été réalisées dans Paris et dans le parc de la Villette.
La réalisation d’une maquette « en dur » peut surprendre, tant la puissance des logiciels de simulation est élevée aujourd’hui. Sur le plan acoustique, la salle de concert répondra aux normes internationales les plus exigeantes et sera totalement innovante sur l’excellence acoustique en tout point de la salle. Pourtant les équipes en charge du projet acoustique expliquent que l’informatique ne peut pas tout simuler. Le retour au low-tech est parfois indispensable. Une information sur laquelle nous nous sommes jetés pour produire ce film.
Libre
A Short film about War est une œuvre documentaire de Jon Thomson, Alison Craighead et Steve Rushton fabriqué entièrement à partir d’informations trouvées sur le web. D’une durée de dix minutes, cette installation diffusée sur deux écrans propose au public un voyage dans différentes zones de guerre, à travers le regard collectif du site de partage de photos en ligne Flickr, et de plusieurs témoignages de blogueurs existants militaires et civils.
Rare et inspirant.
Nuageux
Une année de recherche sur le web. Vivement l’été !
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Bonne année 2010

La Confusion des Sens
reciproque a piloté la mise en place d’un audioguide géolocalisé avec casques à résonance crânienne pour l’exposition "La confusion des sens" (18 septembre 2009 au 10 janvier 2010) pour l’Espace Culturel Louis Vuitton.
Des interviews des artistes exposés et de la commissaire permettent de prolonger l’expérience de visite, grâce à un audioguide géolocalisé discret (quelques centimètres) proposé à tous. Les commentaires des artistes sont déclenchés à la demande par simple pression sur le bouton unique du lecteur. Dans la galerie d’exposition, des transpondeurs infra-rouge communiquent aux lecteurs audio les bons identifiants du fichier à jouer. Les casques à résonance crânienne permettre une écoute des fichiers sonores, sans isoler le visiteur de l’environnement.
4 semaines au Louvre
Pendant quatre semaines, le Louvre et Arte coproduisent une espace numérique en ligne mêlant débats, actualités, web 2.0, expérimentations audiovisuelles et créations interactives. Une expérience audiovisuelle de médiation plus attrayante pour le public et néanmoins très exigeante. La réalisation du site n’est pas exempte de quelques bugs de jeunesse.
Stéphane Bezombes 1997-2010