En (bonne) compagnie

Pourquoi avons nous besoin de la technologie pour faire le pont entre nous ? Entre la culture et nous ? Quel est le risque de l’individualisation des usages d’un audioguide dans une visite d’un musée ? Comment construire un discours non institutionnel dans un lieu culturel ? Autant de questions a explorer aujourd’hui dans un monde épris de technologie et d’entrepreneurs rêveurs. Une proposition concrète que reciproque a proposé à la ville de Cergy-Pontoise, en concevant et développant une application unique de co-visite guidée sur iPhone : Visite&co.

Le concept de Visite&co est de permettre une interaction sociale autour de points d’intérêts, en mélangeant un audioguide multimédia et une plateforme de discussion instantanée.
Vue de l'axe majeur depuis la Tour BelvederePartant du principe que le mécanisme d’appropriation culturelle passe par la manifestation d’un intérêt, l’application joue tout d’abord le rôle d’initiateur en favorisant l’exploration, la recherche d’information minimale, l’envie d’en savoir plus. L’échange instantané de messages textuels entre les applications sur le site avec les autres visiteurs, mais surtout avec les guides, les conférenciers ou les médiateurs, facilite la prise de parole en effaçant le complexe d’infériorité ou d’appréhension.
N’importe qui peut se risquer à faire une remarque, rejoindre une visite qui a commencé, poser une question. Apprendre quelque chose. Encore mieux : partager quelque chose qu’on a appris. Faire une recommandation.

Rien ne remplace une visite accompagnée et aucun appareil ne peut offrir l’improvisation et l’adaptation d’un véritable guide conférencier. Pour autant, l’amateur de la société du spectacle n’est plus un simple mouton de Panurge. Il exige d’être écouté. Les Smartphones sont aujourd’hui la porte d’interaction sociale en situation de mobilité, qui offre de nouvelles pistes pour établir des traces et des discussions spontanées, et contribuer – pourquoi pas – à l’invention de discours parallèles passionnants.

Visite&co Axe-Majeur est un projet soutenu le pôle Culturel et animation du territoire de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise. Visites guidées de l’Axe-Majeur pendant le festival Futur en Seine. L’application mobile sur iPhone a été conçu et développé par reciproque, Pocket-proof et Benoit Pereira da Silva.

Publié le 22 juin 2011 dans Musée, News | Laisser un commentaire

Le choc des innovations

En parcourant un livre sur la gestion financière des entreprises, je découvre la théorie économique de Joseph Schumpeter, considéré comme l’un des plus grands économiste du XXeme siècle. Son modèle de « destruction créatrice » et sa définition des acteurs du monde capitaliste est d’une grande modernité. Schumpeter constate que l’état économique subit en permanence des transformations majeures selon des cycles a quatre temps : prospérité, récession, dépression, reprise. Toute notre histoire est écrite en cycles économique plus ou moins longs. Or, les raisons se trouvent à l’intérieur même de l’ordre capitaliste, elles sont endogènes en quelque sorte. Un facteur dominant explique ces changements permanents de l’économie : l’innovation. Les innovations ne sont pas seulement des « technologies nouvelles », mais au sens large, des pratiques neuves dans l’exécution de « nouvelles combinaisons ».

Selon Schumpeter, il existe un acteur économique majeur à l’origine de ces innovations : l’entrepreneur. L’entrepreneur évolue dans un monde d’anticipations, sans certitudes ni règles bien établies. Contrairement au gérant, il est psychologiquement débarrassé des combinaisons productives habituelles. Il doit développer de nouvelles idées, en surmontant la réaction des groupes menacés qui s’opposent au changement. Selon Schumpeter, un entrepreneur doit avoir les qualités de chef, non pas au sens d’une position dans un organigramme, mais en tant qu’individu capable de surmonter les difficultés rencontrées pour effectuer de nouvelles combinaisons. Les possibilités existent toujours, mais seul l’entrepreneur innove car il dispose d’une manière spéciale de voir les choses, d’une volonté et d’une capacité à aller seul de l’avant, de ne pas être freiné par les résistances et d’avoir de l’autorité. Ses motivations ne sont pas pécuniaires, mais plus psychologiques ou pathologiques.

Ses qualités ne sont pas très éloignée de la figure quasi mythologique de l’artiste ou de celles que nous appellons chez reciproque l’ingénierie, selon la pratique de la dissolution des noeuds de Wittgenstein. L’entrepreneur est donc le grain de sable de la machine capitaliste. Peut-il tuer le capitalisme ? Non, car il constitue le facteur principal de succès du capitalisme, dont l’objet est de donner du crédits au nouvelles combinaisons qui détruisent les situations dominantes pour en créer de nouvelles. Cette innovation génère de l’insécurité individuelle, mais crée aussi de nouveaux progrès sociaux. Dans la société capitaliste, le progrès est synonyme de bouleversement. L’entrepreneur en est le leader.

L’économiste tire une conclusion plus large de cette constatation et met en garde sur les fragilités de la civilisation du capitalisme : dépersonnalisation de la société d’innovation par la technologie, logique de réglementation inévitable, destruction de la motivation d’instabilité, hostilité croissante de l’opinion vis a vis du climat d’insécurité, emergence d’une classe intellectuelle critique et consciente. Ces changements finiront par entrainer le système avec lui. Les citoyens vont demander de plus en plus d’Etat, ce qui encouragera à terme l’effondrement du capitalisme et la marche vers le socialisme.

Publié le 13 juin 2011 dans Economie | 2 commentaires

Le danger invisible

Publié le 17 mars 2011 dans News | Laisser un commentaire

Créatures

« Des compagnons, voilà ce que cherche le créateur et non des cadavres, des troupeaux ou des croyants. Des créateurs comme lui, voilà ce qu’il cherche, de ceux qui inscrivent des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles. »

Friedrich Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra

Publié le 3 mars 2011 dans Citation | 3 commentaires

Google Museum

Google qui n’est jamais en manque de moyens pour numériser le monde réel sur un écran de portable, a dévoilé le 1er février dernier le projet Google Art. En collaboration avec 17 musées internationaux – du MoMA à New York au Rijksmuseum d’Amsterdam, de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg à la National Gallery de Londres et la Tate – Google Art offre une visite virtuelle en vue subjective des galeries d’exposition. Il vous permet non seulement de se promener a la souris dans les couloirs et les salles, mais aussi de voir certaines reproduction numériques de ces oeuvres avec une résolution plus fine que si vous étiez en face de la peinture (14 milliards de pixels). Google avait déjà utilisé cette technologie de prise de vue lors du projet Google Earth Prado en 2009. Du coup, on s’étonne alors que les statues et oeuvres en volume ne soient pas déjà en 3D (voir aussi Google Body).

Les Ambassadeurs, de Hans Olbein - National Galery

La reproduction d’une oeuvre peut-elle se substituer à la fréquentation de l’objet réel ? L’expérience du regard sur une reproduction est totalement différente. Bien que Google Art offre des images d’une qualité stupéfiante, un certain sens surnaturel que de grandes peintures fournissent parfois, le sentiment que vous êtes en présence de l’artiste et que quelque chose peut vous parler directement à travers le temps et l’espace, disparait. Ce n’est pas neuf.

La visite virtuelle sur internet peut-il se substituer au pèlerinage physique dans les musées et les sites trop distants ? La technologie utilisée par Google est la même que celle de Street View, elle est constituée de prises de vue 360° sur des points d’intérêt éloignés de quelques mètres, dont le fondu enchainé est calculé par votre navigateur. L’impression de volume est approximatif, les images sont parfois surexposées ou déformées, la navigation est capricieuse dans les salles non rectilignes. On est encore loin de la visite architecturale. Et comme nous l’avions déjà remarqué il y a 12 ans avec les projets de CD/DVD-Rom de visite virtuelle de musée : le résultat est un lieu désert qui se survole plus qu’il ne se parcours. Le visiteur court-circuite la scénographie. Il désosse le travail de présentation des commissaires et des conservateurs, au profit parfois d’un certain zapping.

Les médias additionnels et audioguides associés à chaque oeuvre ont été sélectionnées par les équipes de chaque musée, c’est une très bonne chose. Il y a beaucoup de marge de progression là encore. Les directeurs de galerie impliqués dans le projet sont bien sûr convaincus que Google Art étendra la curiosité des publics, et que le projet agira comme une publicité pour ceux qui ne peuvent se rendre au musée.

On peut seulement supposer que les musées ne participent pas – le musée du Louvre à Paris et le Musée du Prado à Madrid, par exemple – sont moins sûrs de cette équation.

Publié le 7 février 2011 dans Multimédia, Musée | 3 commentaires

Bon 2011

Bonne année 2011 & Happy new year

Publié le 6 janvier 2011 dans News | Laisser un commentaire

One Wiki(leaks) per Child

Difficile de trouver un article ou un post sur internet qui parle d’autre chose que Wikileaks depuis plusieurs semaines. La majorité des journalistes y voient l’acte de naissance auprès du grand public du datajournalisme et du Cloud computing. Pourquoi maintenant ? La plupart des sites se trouvent déjà « dans les nuages ». Depuis plusieurs années, les particuliers et les entreprises téléchargent leurs contenus sur Flickr, Youtube, iTunes, Basecamp, Wikipedia, … aucun de ces sites ne gèrent qu’un seul entrepôt de fichiers, mais ils s’appuient sur une grille de serveurs en Cloud computing. Des fermes de serveurs naissent tous les jours sur la planète pour stocker, gérer, sécuriser, et rendre accessible ces données indifférenciées (Google à lui seul opère plus d’un million de serveurs).

Wikileaks, dans sa fuite en avant pour faire héberger ses données dans le Cloud, fait apparaitre la fonction technique d’hébergement distribué sans résidence fixe comme stratégique pour l’activité d’un site internet. Apparemment invulnérable et ultra-sécurisé, le système du Cloud reste cependant commercial et sensible aux pressions politiques (incroyable de voir comment les entreprises américaines lâchent Wikileaks les unes après les autres). Dans le même temps, la résistance s’organise sur d’autres systèmes de partage de fichiers, qui deviennent une vraie forme de résistance indépendante. Le fond de l’affaire, est que la neutralité publique du Cloud computing n’a jamais été avérée.

Comme des milliers d’entreprises dans le monde, reciproque utilise stocke son patrimoine numérique dans le Cloud computing, via des fournisseurs comme Amazon (S3) et Google (Google Apps). Depuis quelques temps, nous concevons, testons et déployons de nouvelles applications très prometteuses en gestion et de diffusion d’assets en Cloud computing pour les musées. Sans remettre en cause les points forts d’une infrastructure dans les nuages et son déploiement inéluctable dans toutes les structures de l’industrie numérique, il faudrait au préalable s’entendre sur le fait que le futur du Cloud computing doit être un service public, appartenant à tous les citoyens, et dont la gouvernance publique doit faire l’objet d’un débat démocratique. Comme les routes, les fréquences hertziennes appartiennent à tout le pays. Dans une économie de l’immatériel, le Cloud computing ne devrait pas être opérée et régulée uniquement par des opérateurs privés. Il est fondamental que l’Etat ou l’Europe puissent proposer une offre de service public, non commerciale, neutre, permettant optimiser la circulation de l’information culturelle et éducative sur les réseaux pour tous. Comment ? Des grands projets ne manquent pas dans le patrimoine numérique.

Publié le 20 décembre 2010 dans Internet, Politique | 1 commentaire

L’esprit cabanon

La conception des dispositifs nécessaires au parcours interprétatif d’un espace d’exposition et à la découverte du patrimoine lié oeuvres exposées, impose une réflexion sur les solutions multimédia les mieux adaptées.

Notre apport est de :

Les techniques multimédia de scénographie modifient la réception des œuvres passée, s’imposent comme des nouvelles formes de communication, et participent au travail de mise en espace. La présentation d’un objet ne peut pas faire l’économie de la réflexion sur l’aura de l’objet et sa part immatérielle.

Le savoir n’est pas encodé dans l’objet. Sans la part immatérielle, elle ne vaut pas grand chose d’une culture à l’autre. Il ne faut pas séparer matériel et immatériel, et considérer chaque objet avec son construit culturel : les strates d’information.

Notre travail de scénographie multimédia repose sur la capacité à concevoir des dispositifs capable de transmettre cette aura – ce déclencheur de récit – puis à les effacer pour permettre aux visiteurs de suivre leur propre route, et conserver le souvenir de ce qu’ils ont vu ou appris le plus longtemps possible.

Publié le 3 novembre 2010 dans Exposition, Musée | Laisser un commentaire

L’effet champagne

« En terme d’écriture, les livres captent notre attention par le récit. Les sites web devraient essayer de faire la même chose. Je crois que l’emploi de la technique d’écriture journalistique classique n’est pas la meilleure manière de présenter l’information sur un écran informatique. De fait, sachant que l’écran standard d’un ordinateur affiche [un certain nombre] de lignes de texte avant que l’internaute scrolle, nous devrions abandonner la pyramide inversée pour une structure en forme de verre de champagne, où toutes les n lignes environ l’auteur ferait un effort pour que nous restions intéressé. Ceux qui aiment le champagne savent qu’à chaque fois que le verre est vide, c’est très agréable de le remplir de nouveau, et de regarder de nouvelles bulles monter vers la surface. »

Mario Garcia, Pure Design, 2002

Publié le 27 octobre 2010 dans Citation | 2 commentaires

Websphere d’influence

webspheresphere reciproque

A la demande générale, et apres des mois de tergiversations, nous avons décidé de mettre à profit le mois d’aout pour concevoir et développer un site internet pour reciproque sarl. Quitte à le faire nous-même, entre deux rendez-vous de projet, en crayonnant sur des carnets, comme au temps où l’écriture d’une classe css et d’une boucle php ne nous faisait pas peur.

Pour l’occasion nous avons refondu la stratégie de présence de reciproque sur internet, qui n’était qu’un blog jusqu’à présent. La vision est désormais plus claire et plus lisible entre les opinions personnelles et la communication de la societé.

Le resultat est ici : www.reciproque.com Le design minimal reprend l’identité graphique de la societé que nous déployons peu à peu, en intégrant les contraintes d’accessibilité élementaires (pas de Adobe Flash par exemple, version mobile et écran tactile prises en compte). Le developpement technique est sous Drupal, un CMS qui permet une mise à jour aisée et un environnement de connecteurs puissant. C’est Nadège et Mathieu qui se sont collé au developpement logiciel, c’est Guadalupe qui a suivi le déploiement et le bug tracking, François et Pierre-Antoine qui ont relu les éléments de communication, Ludovic et Ariane qui ont testé le site, et je me suis chargé du design graphique et de l’iconographie.

Publié le 12 octobre 2010 dans Internet, News | Laisser un commentaire

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