Bonne #libre année

Bonne année 2012

Publié le 25 janvier 2012 dans News | Laisser un commentaire

Harmonie de chantier

Panorama des salles de concertLes chantiers de construction hors normes des institutions culturelles ont longtemps été tenus hors du regard. Dans l’espace public, l’existence d’un chantier doit se conformer aux obligations d’aménagements de la voie publique et à la pose d’un panneau lisible par tous. Le chantier est protégé par une palissade qui en limite l’accès et protège l’espace réserve aux acteurs du chantier (maitre d’ouvrage, d’oeuvre, ouvriers), des simples habitants. Deux espaces, dont l’un est dérobé aux regards, dont clairement séparés. Deux mondes sont tenus à distance. L’information sur le chantier parvenant aux riverains et au publics lors de cérémonies clairement orchestrées et très codifiées (pose de la première pierre, point d’avancée des travaux en conseil, maison du projet, inauguration).

Cela ne suffit plus. La communication sur le chantier fait place peu à peu à une communication de chantier. Cette nouvelle dynamique est imposée par l’appétit des citoyens pour l’action des pouvoirs publics et la facilité des échanges participatifs grâce aux nouveaux moyens de communication numériques. La création d’un nouveau lieu culturel repose de plus en plus sur l’intégration en amont du destinataire final (de l’usager, disait-on dans le temps) dans la co-construction du produit et des services. La communication bidirectionnelle s’impose dès l’origine dans toute opération culturelle de grande ampleur. De simple consommateur, le citoyen devient acteur à part entière du processus d’épiphanie du projet, en tant que curieux, adhérent puis relais de communication.

La communication de chantier permet le passage d’un état à l’autre : du secret au visible, de la séparation à la relation, de la polémique à l’adhésion. Elle permet d’animer et de percevoir le processus de création d’une institution culturelle. En tant que futur usager, nous sommes alors invités à partager des informations non seulement pratique mais aussi pleinement esthétique, politique et artistiques.

reciproque a réactualisé le site internet de la future Philharmonie de Paris, dont l’inauguration est prévue pour 2014. En avant la musique !

Publié le 20 novembre 2011 dans Internet, Multimédia | Laisser un commentaire

Une vie à coucher dehors

« Une mauvaise chute vaut mieux qu’une fin insignifiante. »

Sylvain Tesson

« Stay Hungry, Stay foolish »

Steve Jobs, 1955-2011

Publié le 6 octobre 2011 dans Citation | Laisser un commentaire

Dé-musée

Comment faire un musée dans un fort militaire, un site historique, un jardin ouvert à tous ? Comment tirer partie du décalage entre des collections et le lieu ? Comment aider le visiteur à appréhender le labyrinthe du site et la répartition des différentes salles d’exposition ? Quelle résonance personnelle le visiteur va-t-il trouver dans le parcours de visite ? Comment faire d’une exposition d’objets ethnographiques un lieu culturel transgénérationnel ? Comment offrir une promenade culturelle joyeuse et festive ? Comment contribuer à créer un nouveau concept de musée de Civilisations pour le XXIe siècle ? Qu’est ce qu’un “dé-musée” ?

Soyons modeste : l’environnement du Fort St Jean est un atout, son ouverture en soi justifiera la visite et la promenade. Le Fort jouit d’une popularité totémique à Marseille. Il faut ne pas décevoir. Il faut aller au Fort comme on va à la plage : un lieu où toutes les classes sociales se retrouvent. Ceux qui profiteront uniquement du site et du jardin et ceux qui rentreront dans les salles à la découverte d’eux-mêmes et des traces laissées par leur peuple dans les sociétés européennes.

Bonnes vacances de réflexion en perspective.

Publié le 5 août 2011 dans Musée | Laisser un commentaire

En (bonne) compagnie

Pourquoi avons nous besoin de la technologie pour faire le pont entre nous ? Entre la culture et nous ? Quel est le risque de l’individualisation des usages d’un audioguide dans une visite d’un musée ? Comment construire un discours non institutionnel dans un lieu culturel ? Autant de questions a explorer aujourd’hui dans un monde épris de technologie et d’entrepreneurs rêveurs. Une proposition concrète que reciproque a proposé à la ville de Cergy-Pontoise, en concevant et développant une application unique de co-visite guidée sur iPhone : Visite&co.

Le concept de Visite&co est de permettre une interaction sociale autour de points d’intérêts, en mélangeant un audioguide multimédia et une plateforme de discussion instantanée.
Vue de l'axe majeur depuis la Tour BelvederePartant du principe que le mécanisme d’appropriation culturelle passe par la manifestation d’un intérêt, l’application joue tout d’abord le rôle d’initiateur en favorisant l’exploration, la recherche d’information minimale, l’envie d’en savoir plus. L’échange instantané de messages textuels entre les applications sur le site avec les autres visiteurs, mais surtout avec les guides, les conférenciers ou les médiateurs, facilite la prise de parole en effaçant le complexe d’infériorité ou d’appréhension.
N’importe qui peut se risquer à faire une remarque, rejoindre une visite qui a commencé, poser une question. Apprendre quelque chose. Encore mieux : partager quelque chose qu’on a appris. Faire une recommandation.

Rien ne remplace une visite accompagnée et aucun appareil ne peut offrir l’improvisation et l’adaptation d’un véritable guide conférencier. Pour autant, l’amateur de la société du spectacle n’est plus un simple mouton de Panurge. Il exige d’être écouté. Les Smartphones sont aujourd’hui la porte d’interaction sociale en situation de mobilité, qui offre de nouvelles pistes pour établir des traces et des discussions spontanées, et contribuer – pourquoi pas – à l’invention de discours parallèles passionnants.

Visite&co Axe-Majeur est un projet soutenu le pôle Culturel et animation du territoire de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise. Visites guidées de l’Axe-Majeur pendant le festival Futur en Seine. L’application mobile sur iPhone a été conçu et développé par reciproque, Pocket-proof et Benoit Pereira da Silva.

Publié le 22 juin 2011 dans Musée, News | Laisser un commentaire

Le choc des innovations

En parcourant un livre sur la gestion financière des entreprises, je découvre la théorie économique de Joseph Schumpeter, considéré comme l’un des plus grands économiste du XXeme siècle. Son modèle de « destruction créatrice » et sa définition des acteurs du monde capitaliste est d’une grande modernité. Schumpeter constate que l’état économique subit en permanence des transformations majeures selon des cycles a quatre temps : prospérité, récession, dépression, reprise. Toute notre histoire est écrite en cycles économique plus ou moins longs. Or, les raisons se trouvent à l’intérieur même de l’ordre capitaliste, elles sont endogènes en quelque sorte. Un facteur dominant explique ces changements permanents de l’économie : l’innovation. Les innovations ne sont pas seulement des « technologies nouvelles », mais au sens large, des pratiques neuves dans l’exécution de « nouvelles combinaisons ».

Selon Schumpeter, il existe un acteur économique majeur à l’origine de ces innovations : l’entrepreneur. L’entrepreneur évolue dans un monde d’anticipations, sans certitudes ni règles bien établies. Contrairement au gérant, il est psychologiquement débarrassé des combinaisons productives habituelles. Il doit développer de nouvelles idées, en surmontant la réaction des groupes menacés qui s’opposent au changement. Selon Schumpeter, un entrepreneur doit avoir les qualités de chef, non pas au sens d’une position dans un organigramme, mais en tant qu’individu capable de surmonter les difficultés rencontrées pour effectuer de nouvelles combinaisons. Les possibilités existent toujours, mais seul l’entrepreneur innove car il dispose d’une manière spéciale de voir les choses, d’une volonté et d’une capacité à aller seul de l’avant, de ne pas être freiné par les résistances et d’avoir de l’autorité. Ses motivations ne sont pas pécuniaires, mais plus psychologiques ou pathologiques.

Ses qualités ne sont pas très éloignée de la figure quasi mythologique de l’artiste ou de celles que nous appellons chez reciproque l’ingénierie, selon la pratique de la dissolution des noeuds de Wittgenstein. L’entrepreneur est donc le grain de sable de la machine capitaliste. Peut-il tuer le capitalisme ? Non, car il constitue le facteur principal de succès du capitalisme, dont l’objet est de donner du crédits au nouvelles combinaisons qui détruisent les situations dominantes pour en créer de nouvelles. Cette innovation génère de l’insécurité individuelle, mais crée aussi de nouveaux progrès sociaux. Dans la société capitaliste, le progrès est synonyme de bouleversement. L’entrepreneur en est le leader.

L’économiste tire une conclusion plus large de cette constatation et met en garde sur les fragilités de la civilisation du capitalisme : dépersonnalisation de la société d’innovation par la technologie, logique de réglementation inévitable, destruction de la motivation d’instabilité, hostilité croissante de l’opinion vis a vis du climat d’insécurité, emergence d’une classe intellectuelle critique et consciente. Ces changements finiront par entrainer le système avec lui. Les citoyens vont demander de plus en plus d’Etat, ce qui encouragera à terme l’effondrement du capitalisme et la marche vers le socialisme.

Publié le 13 juin 2011 dans Economie | 2 commentaires

Le danger invisible

Publié le 17 mars 2011 dans News | Laisser un commentaire

Créatures

« Des compagnons, voilà ce que cherche le créateur et non des cadavres, des troupeaux ou des croyants. Des créateurs comme lui, voilà ce qu’il cherche, de ceux qui inscrivent des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles. »

Friedrich Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra

Publié le 3 mars 2011 dans Citation | 3 commentaires

Google Museum

Google qui n’est jamais en manque de moyens pour numériser le monde réel sur un écran de portable, a dévoilé le 1er février dernier le projet Google Art. En collaboration avec 17 musées internationaux – du MoMA à New York au Rijksmuseum d’Amsterdam, de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg à la National Gallery de Londres et la Tate – Google Art offre une visite virtuelle en vue subjective des galeries d’exposition. Il vous permet non seulement de se promener a la souris dans les couloirs et les salles, mais aussi de voir certaines reproduction numériques de ces oeuvres avec une résolution plus fine que si vous étiez en face de la peinture (14 milliards de pixels). Google avait déjà utilisé cette technologie de prise de vue lors du projet Google Earth Prado en 2009. Du coup, on s’étonne alors que les statues et oeuvres en volume ne soient pas déjà en 3D (voir aussi Google Body).

Les Ambassadeurs, de Hans Olbein - National Galery

La reproduction d’une oeuvre peut-elle se substituer à la fréquentation de l’objet réel ? L’expérience du regard sur une reproduction est totalement différente. Bien que Google Art offre des images d’une qualité stupéfiante, un certain sens surnaturel que de grandes peintures fournissent parfois, le sentiment que vous êtes en présence de l’artiste et que quelque chose peut vous parler directement à travers le temps et l’espace, disparait. Ce n’est pas neuf.

La visite virtuelle sur internet peut-il se substituer au pèlerinage physique dans les musées et les sites trop distants ? La technologie utilisée par Google est la même que celle de Street View, elle est constituée de prises de vue 360° sur des points d’intérêt éloignés de quelques mètres, dont le fondu enchainé est calculé par votre navigateur. L’impression de volume est approximatif, les images sont parfois surexposées ou déformées, la navigation est capricieuse dans les salles non rectilignes. On est encore loin de la visite architecturale. Et comme nous l’avions déjà remarqué il y a 12 ans avec les projets de CD/DVD-Rom de visite virtuelle de musée : le résultat est un lieu désert qui se survole plus qu’il ne se parcours. Le visiteur court-circuite la scénographie. Il désosse le travail de présentation des commissaires et des conservateurs, au profit parfois d’un certain zapping.

Les médias additionnels et audioguides associés à chaque oeuvre ont été sélectionnées par les équipes de chaque musée, c’est une très bonne chose. Il y a beaucoup de marge de progression là encore. Les directeurs de galerie impliqués dans le projet sont bien sûr convaincus que Google Art étendra la curiosité des publics, et que le projet agira comme une publicité pour ceux qui ne peuvent se rendre au musée.

On peut seulement supposer que les musées ne participent pas – le musée du Louvre à Paris et le Musée du Prado à Madrid, par exemple – sont moins sûrs de cette équation.

Publié le 7 février 2011 dans Multimédia, Musée | 3 commentaires

Bon 2011

Bonne année 2011 & Happy new year

Publié le 6 janvier 2011 dans News | Laisser un commentaire

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