Ludwig
Ludwig est un court-métrage d’animation de deux minutes chrono, réalisé en prise de vue image par image, imaginé par reciproque et réalisé par Vincent Escrive pour la communication interactive de la Philharmonie de Paris. Le film a été en partie tourné dans la maquette acoustique, une reproduction au 1/10e de la grande salle de concert de la future Philharmonie de Paris. D’autres séquences ont été réalisées dans Paris et dans le parc de la Villette.
La réalisation d’une maquette « en dur » peut surprendre, tant la puissance des logiciels de simulation est élevée aujourd’hui. Sur le plan acoustique, la salle de concert répondra aux normes internationales les plus exigeantes et sera totalement innovante sur l’excellence acoustique en tout point de la salle. Pourtant les équipes en charge du projet acoustique expliquent que l’informatique ne peut pas tout simuler. Le retour au low-tech est parfois indispensable. Une information sur laquelle nous nous sommes jetés pour produire ce film.
Libre
A Short film about War est une œuvre documentaire de Jon Thomson, Alison Craighead et Steve Rushton fabriqué entièrement à partir d’informations trouvées sur le web. D’une durée de dix minutes, cette installation diffusée sur deux écrans propose au public un voyage dans différentes zones de guerre, à travers le regard collectif du site de partage de photos en ligne Flickr, et de plusieurs témoignages de blogueurs existants militaires et civils.
Rare et inspirant.
Nuageux
Une année de recherche sur le web. Vivement l’été ! del.icio.us
Bonne année 2010

4 semaines au Louvre
Pendant quatre semaines, le Louvre et Arte coproduisent une espace numérique en ligne mêlant débats, actualités, web 2.0, expérimentations audiovisuelles et créations interactives. Une expérience audiovisuelle de médiation plus attrayante pour le public et néanmoins très exigeante. La réalisation du site n’est pas exempte de quelques bugs de jeunesse.
Je hais les voyages
« J’avais voulu aller jusqu’à l’extrême; n’étais-je pas comblé, chez ces gracieux indigènes que nul n’avais vu avant moi, que personne peut-être ne verrait plus après ? Au terme d’un exaltant parcours, je tenais mes sauvages. Hélas, ils ne l’étaient que de trop. (…) Aussi proche de moi qu’une image dans le miroir, je pouvais les toucher, non les comprendre. Je recevais du même coup ma récompense et mon châtiment. »
Claude Lévi-Stauss (1908-2009)
Autour de la Vierge au Lapin
Cet automne, le musée du Louvre fait place à une installation issue de la collaboration MuseumLab. Trois dispositifs multimédia proposent d’explorer de nouveaux modes d’analyse de l’oeuvre d’art et donnent des clés de lecture de La vierge au Lapin de Titien, par le biais d’analyse plastique et iconographique commentée par Jean Habert, conservateur général au département des peintures.
Ces dispositifs ont été mis au point lors de la troisième expérience menée par le Louvre – DNP (Tokyo, Japon) en 2008. D’une très grande sobriété et d’une élégance parfaite, ces dispositifs permettent aux visiteurs de se plonger dans la composition du tableau physiquement, d’avoir un aperçu des clés de lecture de l’oeuvre et de pouvoir parcourir les détails du tableau avec une loupe interactive.
Une adaptation in-situ dans le palais du Louvre, pour laquelle reciproque a pris part comme assistant à maitrise d’ouvrage.
Démenagement
L’agence Reciproque a déménagé ce week-end. Nous sommes maintenant installés au 12 rue Saint-Maur, toujours dans le 11e arrondissement, dans une ancienne boulangerie en rez de chaussée. Après un mois de travaux, une nouvelle architecture réseau et une décoration (sobre) supervisés par François pendant les vacances, nous nous installons dans notre nouvelle factory. Prochaine étape : la soirée de vernissage !
Le syndrome du Japonais à Paris
Le syndrome du Japonais à Paris toucherait plus particulièrement les touristes japonais qui, ayant une vision idéalisée de la ville, sont très déçus par la réalité et déstabilisés par le fossé culturel existant entre la France et le Japon. Leur impossibilité à reconnaitre qu’ils se sont trompé leur interdit de profiter de la réalité, et leur rends insupportable le décalage entre l’idéal et la vérité. En n’osant pas reconnaitre qu’il est dans l’incapacité d’apprécier ou de s’immerger dans un monde où les codes sont différents des siens, le japonais déprime.
C’est précisément parce que nous aimons authenticité culturelle et que nous souhaitons éviter au visiteur type de syndrome dans les musées, que nous avons crée reciproque il y a 3 ans.
Le goût du vrai
Le succès public des musées et des expositions temporaires est en constante progression. L’année passée, plus de 50 millions de personnes se sont rendues dans un musée en France. Je ne parle même pas du phénomène de l’exposition Picasso au Grand Palais et les deux derniers jours marathon d’ouverture 24/24. En début d’été 2009, les principales expositions temporaires à Paris sont véritablement submergées (ceux qui ont essayé de rentrer au Louvre ou au quai Branly ce week-end comprennent ce que je veux dire).
Par certains aspects, la consommation culturelle de certains visiteurs ressemble à celle des abonnés des salles de cinéma des années 60 (et de certaines salles encore) : les gens viennent au musée par fidélité, par leur abonnement, et demande ensuite ce qui y est « joué ».
Les musées ont-il remplacé les salles de cinéma comme lieu de culture et de sortie branchés à l’échelle humaine ? Se développe-t-il une nouvelle classe de critique muséophiles, l’expérience collective du cinéma étant réduite à télécharger un simple fichier numérique et à le consommer entre amis sur son écran LCD ? Le succès public des expositions est peut-être aussi dû au fait qu’on y voit des vraies choses, et non pas uniquement des images ou des flux…

Stéphane Bezombes 1997-2010