10 recommandations pour le développement et la maîtrise de dispositifs numériques dans les musées

Sur les 8 dernières années, reciproque a conseillé, conçu, développé, géré 60 projets numériques pour plus de 30 clients. Ces projets ont connu diverses histoires et dimensions, différents impacts sur les visiteurs, mais ils ont permis un progrès sensible dans la conduite de projets au sein de l’agence.

Peu a peu, nous avons défini quelques principes de conception que nous appliquons dans nos missions et que nous reformulons en début de projet avec nos clients. Que ce soit pour la refonte du site internet ou la création d’un nouveau dispositif de médiation numérique, ces recommandations peuvent vous aider à prioriser votre conduite de projet.

  1. Prendre en compte les contenus scientifiques et historique. La ligne éditoriale et la gestion des Assets numériques représente la valeur patrimoniale du projet dans le temps. La technologie d’affichage pourra toujours être recyclée ou supplantée, mais le coeur de tout projet de valorisation et de médiation reste le contenu et les droits de propriété intellectuelle afférents.
  2. Clarifier les intentions et les objectifs de médiation. Recueillir les idées ne suffit pas. Ne pas choisir une solution par la technologie, mais parce qu’elle répond aux questions essentielles : Nouvelle opportunité ? Solution à un problème récurrent ? Volonté d’expérimentation ? Avant, pendant, après la visite ? Reformuler la proposition de valeur en 140 caractères est une exigence.
  3. Construire des outils plus que des services. Un outil est quelque chose qui aide les gens à faire autre chose. Notre travail est d’identifier les besoins des usagers et de satisfaire ces besoins avec des outils, qui soit utilisés pour construire autre chose, de l’expérience et de la connaissance. Les services sont les outils de la connaissance, les outils sont les instruments de l’émancipation.
  4. Créer et partager un plan de développement. Le plus souvent il n’est pas possible d’agir seul, et une stratégie permet d’identifier les points clés : cible, impact attendu, mesures, prestataires. Evaluer les critères et les conditions de succès du projet, émettre des priorités pour la direction générale.
  5. Ne jamais sous estimer la recherche de publics. Les communautés existent, elles sont plus difficiles à créer. Dans tous les cas, il faut les identifier, les satisfaire, les interroger, les faire parler.
  6. Rester réaliste. Et itérer. Construire un MVP est la meilleure façon de tester et de valider un concept innovant. Ce n’est pas toujours possible, dans le cadre de la commande publique, organisée autour de la loi MOP.
  7. Penser au cycle de vie du dispositif numérique. La valeur de l’expérience, au delà de sa qualité et de sa sophistication, est d’être maintenue et capable d’évoluer après sa mise en route.
  8. Comprendre les nouvelles règles du jeu. Réussir une transition numérique de son offre consiste à déployer autour des individus une boucle de valeur, où le numérique prend place dans un tout cohérent non segmenté, entièrement pensé autour de la qualité de l’expérience utilisateur. Ce qui accélère la prise du pouvoir par les visiteurs et marginalise les expérimentations en silo.
  9. Collaborer avec toutes les parties prenantes. Le numérique n’est pas une division à part de la politique des publics et du développement économique du tissu culturel. La collaboration, le lien avec les acteurs du territoire et la lisibilité du projet doit être totale pendant sa mise au point. L’usage d’une ou plusieurs plateformes de collaboration en ligne est fortement recommandé.
  10. Evaluer, partager et construire de l’expérience. Il n’est pas possible de réussir la totalité des projets lancés, en particulier lorsqu’ils sont éditorialement risqués ou innovants. Mais même en cas d’échec, on apprends beaucoup et on peut réinvestir les leçons apprises dans les prochains projets. La communauté muséale doit être dépositaire de cette expérience.

Publié le 24 juillet 2015 dans Design, Multimédia, Musée | Laisser un commentaire

Transition (numérique)

« Par transition on désigne aujourd’hui une phase très particulière de l’évolution d’une société, où celle-ci rencontre de plus en plus de difficultés, internes et/ou externes, à reproduire le système économique et social sur lequel elle se fonde et commence à se réor­ganiser, plus ou moins vite ou plus ou moins violemment, sur la base d’un autre système qui finalement devient à son tour la forme générale des conditions nouvelles d’existence. »

Maurice Godelier, La théorie de la transition chez Marx, 1990

Publié le 12 mars 2015 dans Citation | Laisser un commentaire

Happy 2015

Bonne et insolente année 2015

Publié le 3 février 2015 dans News | Laisser un commentaire

Bons voeux pour 2014

voeux 2014

Publié le 13 janvier 2014 dans News | 1 commentaire

The making of exhibitions

Dans un rapport qui date de 2002, le département Office for Policy and Analysis de la Smithsonian Institution s’intéresse à la place des créations d’exposition dans les structures des musées et étudie la façon dont les espositions se créent dans les musées, leurs groupes de travail, leurs équipes, leurs processus…
Toujours d’actualité, le rapport souligne la tendance générale des musées d’aller vers une plus grande formalisation des processus et de leur gestion économique, qui tend à intensifier la dimension de gestion du projet. Néanmoins, et tant par culture que par tradition, la prise de décision reste structuré autour de l’atteinte d’un consensus : « Decision-making (in museums) is more consensus-based than role-determined. »
L’intégralité du rapport mérite une lecture attentive, et les différents points traités éclairent sur les processus et les organisations mis en place pour la maitrise d’oeuvre d’une exposition au sein des musées en général. Et permettent de mesurer la distance parcourue en 10 ans dans la production d’expositions.

Publié le 11 octobre 2013 dans Exposition | Laisser un commentaire

Assez de mystifications

« Nous considérons le spectateur comme un être capable de réagir. Capable de réagir avec ses facultés normales de perception.
Voilà notre voie.

Nous proposons de l’engager dans une action qui déclenche ses qualités positives dans un climat de communication et d’interaction.

Notre labyrinthe n’est qu’une première expérience délibérément dirigée vers l’élimination de la distance qu’il y a entre le spectateur et l’oeuvre.

Plus cette distance disparait, plus disparaît l’intérêt de l’oeuvre en soi et l’importance de la personnalité de son réalisateur. Et de même l’importance de toute cette superstructure autour de la « création » qui fait la loi actuellement en art.

Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter.
Nous voulons le faire participer.
Nous voulons le placer dans une situation qu’il déclenche et transforme.
Nous voulons qu’il soit conscient de sa participation.
Nous voulons qu’il s’oriente vers une interaction avec d’autres spectateurs.
Nous voulons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d’action.
Un spectateur conscient de son pouvoir d’action et fatigué de tant d’abus et mystifications pourra faire lui-même la vraie révolution dans l’art.

Il mettra en pratique les consignes :

DEFENSE DE NE PAS PARTICIPER
DEFENSE DE NE PAS TOUCHER
DEFENSE DE NE PAS CASSER »

A Paris, octobre 1963
Groupe de Recherche d’Art Visuel

Publié le 13 juin 2013 dans Citation | Laisser un commentaire

Nouveaux outils (v3)

Parce qu’il faut bien actualiser un post obscur de ce blog paru en aout 2007, j’ai décidé de repréciser ici les outils logiciels utilisés par reciproque pour son activité. En fait, fort peu de choses ont changé en 5 ans. Les machines (nous avons migrés sur Macbook en 2011) ont évoluées plus vite que les logiciels bureautiques utilisés tous les jours par nos équipes.
En revanche les logiciels métiers professionnels ont été mis en concurrence par des logiciels opensource ou licence GPL, ce qui nous a entrainé à revoir nos outils pour profiter de cette offre. Ces nouveaux outils permettent de travailler avec beaucoup plus de flexibilité, de collaboration et de sécurité qu’en 2007. Une liste à compléter par vos remarques et expérience professionnelles (please no troll).

Les logiciels bureautiques

Traitement de texte, tableur, présentation OpenOffice
Navigateur Web Firefox, Chrome
Antivirus Avast!
Gestion de projet Microsoft Project, Basecamp
Gestion de production GPM 2.0
Emails, agenda et communication Google Apps
Transfert et stockage des données critiques JungleDisk, Dropbox
Mindmapping XMind
Gestion de bibliographies Zotero

Les logiciels métiers

Création graphique et vidéo Adobe Creative Cloud
Architecture et construction assisté par ordinateur VectorWorks, SketchUp
Conception d’interfaces Balsamic, Axure
Gestion de collections muséales CollectiveAccess
Gestion de collections numériques Omeka
Gestion de ressources multimédia (DAM) ResourceSpace
Système de publication de contenu (CMS) WordPress
Serveur Web et SGBD Apache, PHP, MySQL
Gestion de bugs et recette logicielle Mantis

Publié le 13 février 2013 dans Multimédia, News | 3 commentaires

Carte de voeux

Bonne année 2013

Publié le 19 janvier 2013 dans News | Laisser un commentaire

Bon 2013

« La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. »

Pierre Mendès France (1907-1982)
via L’abeille et l’architecte

Publié le 9 janvier 2013 dans Citation | Laisser un commentaire

Musée-o-mix

L’hackathon muséal de l’année, où des équipes bénévoles proposent de nouvelles expériences de médiation en seulement 3 jours, Museomix 2012 se déroulait au musée Gallo-Romain de Lyon du 19 au 21 octobre. Encadrés et coachés par des professionnels, une centaine de participants inventent et développent 10 prototypes, testés ensuite par des visiteurs-utilisateurs pendant deux semaines. L’objectif est d’ouvrir le musée et les collections aux visiteurs, de moderniser la muséographie dans un esprit libre, en utilisant le numérique pour explorer de nouvelles formes de narration et d’interaction.

L’évènement a été incroyablement bien relayé par la communauté (plus de 5000 tweets !) et agréablement agrégé ici et . Indiscutablement, la manifestation a remporté un succès pour tous les participants. Je vais tenter de partager quelques opinions sur Museomix 2012, où j’était muséopropulseur (dans la novlangue Museomix, c’est coach d’équipe)…

Le plaisir de faire est communicatif. Avoir l’opportunité de réaliser un prototype pour un usage public, avec une micro équipe de fans de musées, en seulement 48h : même les plus farouches collaborent. 200 personnes dans une pièce à 23h, courant tout azimut pour boucler une prise de vue, tester un module sous Openkinect ou partager le découpage d’une planche de bois. Qui peut résister à la ferveur des participants de fabriquer quelque chose d’utile ou d’amusant, mais sans les contraintes et les lenteurs des institutions ?

C’est une chance pour le musée de recevoir cette contribution librement. Plus les équipes sont hétérogènes, plus les propositions sont vivantes et décomplexées. Nul doute que le décloisonnement et la co-création des projets avec les muséomixeurs aura un impact très positif sur l’organisation interne du musée. La maintenance des applications post inauguration est intéressante aussi, même si les participants sont repartis chez eux. Qu’est ce que le musée veut finalement garder ? Qu’est-ce qui développe un véritable intérêt pour la médiation ?

Le processus de mise au point d’un prototype demande une certaine méthode. En existe-t-il une seule, et comment partager celle de Muséomix entre les coaches qui ne se connaissent pas non plus au début de l’histoire ? La mise en commun des compétences est certes plus rapide avec les multiples réseaux sociaux. Mais elle ne remplace pas une pédagogie d’équipe. Critiques, encouragements, input créatif, pivotement, assistance : tous ces mots n’ont pas la même valeur pour tous les coaches. Quelle doit être celle du muséopropulseur ? Elle s’invente, et c’est ça le plus interressant.

Ferveur et sensibilité des équipes masquent la faiblesse des propositions un peu trop rapidement conçues. Les propositions sont proches des objets, intégrés au discours du musée, parfois littéralement, mais aussi sans avoir pris le temps de prendre connaissance de l’environnement (attentes du public, architecture des galeries d’exposition, position dans la ville). Le travail de hameçonnage et de la motivation et de récompense des visiteurs est faible. On présuppose trop souvent que le désir d’engagement du visiteur est une ressource inépuisable.

Le concept de Fablab a ses adeptes et ses règles. Je m’y sens bien : la charte encourage le bricolage, la coopération et le progrès écologique (la pérennité via la recherche de l’interopérabilité maximale). A l’échelle de Museomix, il favorise plutôt des intuitions que des constructions. Résoudre de petits problèmes encourage l’intelligence instinctive plus qu’une vision globale. La méthode agile permet de gommer les imperfections de la construction au fur et à mesure qu’elles se présentent, mais reste faible pour porter une réelle innovation.

Quelles sont les tendances des propositions cette année ? Faites vous une idée en allant au musée Gallo-Romain jusqu’au 11 novembre et jetez un oeil sur le making-of.

Publié le 28 octobre 2012 dans Musée, News | Laisser un commentaire

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